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La jungle des ampoules économiques
08.04.2009
Les lampes économiques vont devenir la norme. Mais beaucoup de flou entoure encore ces produits.
Avec une fluocompacte, on peut gagner environ 80% d’énergie. Mais comment choisir? Car les modèles sont nombreux, tant dans les formes que dans les caractéristiques. Notre guide.
Elles suscitent déjà beaucoup d’interrogations et même de la méfiance. Mais une chose est sûre: les ampoules économiques, ou fluocompactes, remplaceront d’ici 2012 les lampes à incandescence. Mais que sait-on d’elles exactement? Peu de chose, en réalité! C’est pourquoi, avec nos partenaires de l’émission On en Parle (Radio suisse romande, La Première), nous avons voulu faire la lumière sur ces produits.
Pour cela, nous nous sommes mis dans la peau du consommateur souhaitant remplacer une ampoule classique de 60 watts (culot 27) par un modèle économique équivalent (voir tableau). Face à la pléthore de modèles, variés tant dans les formes (tube rectiligne ou enroulé, poire, globe, etc.) que dans les caractéristiques, nous n’avons retenu que ceux de classe énergétique A, avec un flux lumineux minimum de 600 lumens et de la couleur lumineuse la plus courante (code 827 ou 2700 K – lire l’encadré ci-contre). Les emballages n’indiquant pas le code de couleur et les modèles spéciaux ont été exclus de notre choix.
Prix très variables
Dans cette sélection, se trouvent des ampoules de 11 ou 12 W, présentées par les fabricants comme équivalant à une 60 W. Or, notre comparatif démontre qu’aucune fluocompacte n’atteint les 710 lumens de notre modèle étalon (à incandescence). Pour Martina Bosshard, porte-parole de Migros, revendeur d’Osram, les deux types de lampes ont en réalité une luminosité équivalente sur la durée: «L’ampoule à filament fournit ce flux lumineux au début de sa vie, puis il diminue constamment avec le temps. En effet, la vaporisation du tungstène rend peu à peu grisâtre le verre de l’ampoule, réduisant progressivement l’intensité de son flux. Alors que le flux lumineux de l’ampoule économique reste stable.»
Cependant, pour qui souhaite obtenir un éclairage plus puissant, voire plus conforme au rendu de l’ampoule classique, il est recommandé d’opter pour une 15 W, affichant un maximum de lumens.
Notre comparatif montre aussi que les prix varient fortement: entre 85 ct et 2.18 fr. pour 1000 heures (h) d’allumage, soit un an. Réputées plus chères, les «longue vie» ne le sont pas forcément: pour 1000 heures, la Longlife Energy Saver de Philips (durée de vie annoncée de 12 ans), coûte 1.06 fr., alors que le Mini globe d’Osram, (durée de vie annoncée de 6 ans), coûte 2.18 fr, soit le double (lire encadré)!
Pléthore de questions
Face à l’abondance des questions de nos lecteurs, voici nos réponses en cinq catégories:
- Chaleur – Une fluocompacte transforme 8,2 W en chaleur contre 57 W pour une ampoule classique, soit une différence d’environ 50 W. Ainsi, un ménage qui allumerait simultanément 20 ampoules classiques atteindrait la chaleur dégagée par un petit chauffage électrique (1000 W). A l’échelle d’un ménage, la comparaison reste anecdotique. D’autant que cet effet peut être appréciable l’hiver, mais pas l’été.
- Rayons UV – Des recherches scientifiques anglaises ont montré que certains modèles émettent des traces d’UVC et des quantités significatives d’UVB pouvant causer des lésions oculaires, si la lampe est dirigée contre l’œil pendant une période prolongée. Les seuils limite sont toutefois rarement dépassés. Malgré tout, selon l’organisation anglaise indépendante Health Protection Agency, il faut adopter les principes de précaution suivants: ne pas s’exposer plus d’une heure par jour aux ampoules ouvertes placées à moins de 30 cm.
- Ondes électromagnétiques – D’après des tests sur les basses fréquences effectués pour nous par Pierre Zweiacker, physicien à l’EPFL, le champ électrique généré par une économique de 16 W est légèrement plus élevé que pour une classique de 75 W. Les champs magnétiques sont quasi identiques. Et dans les deux cas, ils sont infiniment plus bas que les limites admises. L’Office fédéral de la santé publique a d’ailleurs commandité une étude, dont les résultats sont attendus pour fin 2009.
- Recyclage – Du fait de leur composition (plusieurs substances toxiques, dont du mercure), elles sont considérées comme des déchets spéciaux et ne doivent pas être jetées à la poubelle. Une fois usagées, elles doivent être ramenées dans les points de vente, qui ont l’obligation de les récupérer en vue de leur recyclage.
- Garantie – Leur durée de vie annoncée est 6 à 15 fois plus longue que les modèles à filament (1000 h, soit un an). C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à les ramener au point de vente si l’ampoule devait lâcher bien avant la durée de vie moyenne indiquée ou si celle-ci ne correspond pas aux attentes (lire BàS 5/2007). Il faut donc impérativement conserver le ticket de caisse et, comme elles ne sont pas toujours installées le jour de l’achat, inscrire la date de sa mise en service sur le culot.
Elodie Lavigne
Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.
no 2009-04 (p.30-32)
Comment faire son choix
L’abondance des produits a de quoi rendre le consommateur perplexe. Voici les critères à prendre en compte pour un achat éclairé:
- Watts – Ils indiquent la consommation électrique de l’ampoule. Les modèles économiques consomment 4 à 5 fois moins que leurs sœurs à incandescence. Ainsi (voir tableau ci-dessous), une ampoule classique de 60W sera remplacée par une fluocompacte entre 11 et 15W, selon l’intensité de l’éclairage désiré. L’équivalence est généralement marquée sur les emballages.
- Flux lumineux (en lumens) – Les lumens indiquent la puissance de l’éclairage. L’efficacité lumineuse d’une lampe s’exprime en lumens/watts. Plus ce rapport est élevé, meilleur est le rendement de l’ampoule. Le choix final sera dicté par l’endroit où l’on veut installer la lampe et la luminosité recherchée.
- Couleur lumineuse – Pour obtenir une lumière chaude (ou «blanc chaud») proche de celle d’une ampoule classique, il faut opter pour une température de couleur de 2700 à 3000 kelvins (K). Plus cette valeur est élevée, plus la lumière est blanche et froide (plus adaptée pour la salle de bains, la cuisine, la cave, le garage). Cette donnée est souvent couplée avec l’indice de rendu des couleurs (IRC), soit la capacité de l’ampoule à restituer les couleurs sans les dénaturer. Le code le plus commun est 827 (8 pour l’IRC et 27 pour la température en kelvins). On trouve également des produits affichant le code 860 qui diffusent une lumière froide. Pour l’heure, il n’y a ni obligation, ni uniformisation dans la déclaration de ces deux paramètres.
- Durée de vie – Les fabricants la traduisent soit en années, soit en heures (1000 heures pour un an). Cette donnée est approximative et dépend en réalité de l’utilisation de chacun. Il faut savoir qu’un produit standard (6000 heures) sera moins résistant aux cycles d’allumages/extinctions qu’un modèle longue vie (10 000 heures ou plus), particulièrement adapté aux lieux de passage.
- EtiquetteEnergie – Elle est obligatoire sur les emballages des ampoules. La classe d’efficacité énergétique y est indiquée. La plupart des fluocompactes sont de classe A (la meilleure). L’étiquette renseigne aussi sur les watts, le flux lumineux et souvent sur la durée de vie.
Le prix de la lumière
L’ampoule à filament de 60 W, suspendue au plafond de votre chambre, rend l’âme. Vous pouvez la remplacer soit par le même modèle, soit par une ampoule à basse consommation d’énergie. Plus chère à l’achat, celle-ci promet de durer plus longtemps et de vous faire réaliser des économies sur le long terme. Mais dans quelle mesure? Pour le savoir, nous avons effectué le calcul pour une année d’utilisation, sur la base d’une durée d’allumage de 2,7 heures par jour et d’un prix au kWh de 20.63 ct. (prix moyen pour un ménage suisse romand, logé dans un quatre pièces, consommant en moyenne 2500 kWh/an – source: M. Prix).
Pour une ampoule classique type de 60 W au prix d’achat moyen de 1.20 fr. et d’une durée de vie de 1000 heures (voir tableau), la seule consommation électrique revient à 12.40 fr./an, soit 13.60 fr./an en y ajoutant le prix de l’ampoule.
Qu’en est-il de la variante économique? L’amortissement de l’ampoule la plus chère de notre tableau (13.05 fr. à l’achat avec une capacité promise de 6 ans), n’est que de
2.20 fr./an. Pour la moins chère (6.75 fr. à l’achat pour une longévité promise de 8 ans), il faudra débourser 85 ct/an. Pour chacune d’elles, il faut ensuite ajouter le coût de la consommation électrique, soit 2.25 fr., puisque toutes deux consomment 11 W. On obtient alors 4.45 fr./an pour la plus chère et 3.10 fr., pour la moins chère. Ainsi, en faisant le choix d’une fluocompacte au détriment d’un modèle à filament – et selon ces exemples –, il est possible d’économiser chaque année et par ampoule entre 9.15 fr. et 10.50 fr.
Télécharger le tableau comparatif des 11 ampoules économiques

